Après une inondation ou une crue, l’indemnisation passe presque toujours par le régime des catastrophes naturelles : un arrêté doit reconnaître l’événement pour votre commune, puis vous avez 30 jours pour déclarer. Entre-temps, il faut sécuriser, documenter, assécher et souvent se reloger. Voici les démarches pour être bien indemnisé, les postes qu’on oublie, et les règles applicables en 2026.
Inondation : quelle garantie s’applique ?
- Crue de rivière, ruissellement, coulée de boue, remontée de nappe, submersion marine : garantie catastrophe naturelle, après arrêté (article L.125-1 du Code des assurances).
- Refoulement d’égout ou débordement de réseau lors d’un orage, sans reconnaissance : parfois couvert par la garantie dégât des eaux ou une garantie spécifique, selon le contrat.
- Infiltration par la toiture lors d’un orage : garantie tempête ou dégât des eaux selon le cas.
Déclarez tout de suite à votre assureur, sans attendre l’arrêté, puis confirmez votre déclaration dans les 30 jours suivant sa publication au Journal officiel.
Les premières 72 heures
- Sécurité : ne rentrez qu’avec l’accord des autorités, coupez électricité et gaz.
- Preuves : photos et vidéos de chaque pièce, de la hauteur d’eau sur les murs (repérez la ligne de niveau), des biens touchés, de l’extérieur.
- Pompage et évacuation de l’eau et de la boue.
- Tri : conservez ou photographiez les biens à jeter, établissez une liste.
- Relogement si le logement est inhabitable : conservez toutes les factures.
L’assèchement : le poste le plus sous-estimé
Après une inondation, les murs, les dalles et les cloisons sont gorgés d’eau. L’assèchement prend plusieurs semaines, parfois plusieurs mois pour des maçonneries épaisses. Il faut déposer les doublages, les isolants et les revêtements imbibés, déshumidifier, mesurer régulièrement l’humidité, et ne refermer qu’une fois les supports secs. Refaire trop tôt garantit l’apparition de moisissures et de nouveaux dommages. Ce temps d’assèchement doit être intégré au chiffrage et à la durée de relogement.
Les postes à faire figurer dans le chiffrage
- Nettoyage, désinfection, évacuation des boues.
- Dépose des matériaux contaminés, assèchement, traitement fongicide.
- Reprise des cloisons, isolants, revêtements de sol et muraux, menuiseries intérieures.
- Installation électrique : contrôle et remplacement des circuits immergés.
- Chauffage, chaudière, ballon d’eau chaude, équipements de cuisine.
- Mobilier, électroménager, linge, effets personnels.
- Annexes déclarées : garage, cave, abri.
- Relogement, garde-meubles.
Les règles d’indemnisation
- Franchise légale : 380 € pour une habitation. Elle peut être plus élevée dans une commune sans plan de prévention des risques ayant connu plusieurs reconnaissances pour le même phénomène.
- Délais de l’assureur : information sur la garantie dans le mois, proposition dans le mois suivant l’état estimatif des dommages, paiement dans les 21 jours suivant votre accord (article L.125-2).
- Relogement d’urgence : pris en charge au titre du régime pour la résidence principale rendue inhabitable, depuis la loi du 28 décembre 2021.
- Prescription : 2 ans pour agir contre l’assureur.
Les véhicules
Un véhicule inondé est indemnisé par votre assurance auto si elle comporte une garantie dommages (tous risques ou garantie spécifique) ; la garantie catastrophe naturelle y est alors incluse. Ne tentez pas de redémarrer un moteur noyé.
Les professionnels et les commerces
Pour un commerce ou une entreprise, la garantie catastrophe naturelle couvre les dommages matériels, avec une franchise de 10 % des dommages et un minimum de 1 140 €. La perte d’exploitation n’est indemnisée que si le contrat comporte cette garantie : elle couvre alors la marge perdue pendant la fermeture et la reprise progressive. Rassemblez rapidement vos données comptables mensuelles et les justificatifs des frais engagés pour continuer l’activité.
Reconstruire en réduisant le risque
Surélever le tableau électrique et les prises, choisir des matériaux résistants à l’eau en rez-de-chaussée, installer des clapets anti-retour et des batardeaux : ces mesures réduisent les dommages lors de la prochaine crue. Le fonds de prévention des risques naturels majeurs (fonds Barnier) peut en financer une partie sous conditions dans les communes couvertes par un plan de prévention des risques. Renseignez-vous auprès de la direction départementale des territoires.
Le rôle de l’expert d’assuré
Après une inondation importante, les experts des compagnies traitent un grand nombre de dossiers et les visites sont rapides. L’expert d’assuré chiffre l’ensemble, y compris l’assèchement et les dommages découverts plus tard, et défend votre dossier. Voir les étapes après une catastrophe naturelle et ce que couvre la garantie catastrophes naturelles.
Questions fréquentes
Ma commune n’est pas encore reconnue. Que faire ?
Déclarez quand même à votre assureur, prenez les mesures d’urgence et gardez les factures. Vérifiez auprès de la mairie que la demande de reconnaissance est déposée, dans les 24 mois.
L’assureur propose une indemnisation rapide. Dois-je accepter ?
Vérifiez qu’elle intègre l’assèchement, les dommages cachés et le relogement. Une proposition hâtive les oublie souvent.
Mon sous-sol aménagé est-il couvert ?
Oui, s’il est déclaré au contrat. Une pièce aménagée non déclarée peut entraîner une réduction d’indemnité.
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Mis à jour en novembre 2026.