Mis à jour en novembre 2026.
En France, près de la moitié du territoire métropolitain est exposé à un risque moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles, et environ 10,4 millions de maisons individuelles sont construites sur ces sols. Lors des étés secs, l’argile se rétracte, les fondations bougent et des fissures apparaissent. Voici où le risque est le plus fort, comment reconnaître les dommages et comment obtenir une indemnisation en 2026.
Quelles sont les régions les plus touchées par la sécheresse ?
Le risque dépend d’abord de la nature du sol : il est fort là où les sols sont argileux, quel que soit le climat local. Selon le ministère de la Transition écologique, l’exposition forte ou moyenne concerne 48 % des sols de métropole. Les zones argileuses sont nombreuses notamment dans le Bassin parisien et l’Île-de-France, la région Centre-Val de Loire, le Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie), le Nord et l’Est.
Pour son aide expérimentale à la prévention lancée fin 2025, l’État a retenu 11 départements particulièrement exposés :
- Allier, Indre, Puy-de-Dôme
- Dordogne, Gers, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne
- Alpes-de-Haute-Provence
- Meurthe-et-Moselle, Nord
Pour connaître l’exposition exacte de votre commune, consultez la carte officielle sur Géorisques : elle indique pour chaque adresse si le terrain est en zone d’exposition faible, moyenne ou forte.
Pourquoi la sécheresse fissure-t-elle les maisons ?
L’argile gonfle quand elle se charge d’eau et se rétracte quand elle sèche. Ces mouvements répétés font bouger le sol sous les fondations, surtout pour les maisons individuelles aux fondations peu profondes. Le phénomène coûte cher : selon la Caisse centrale de réassurance, la sécheresse a représenté près de la moitié du coût des catastrophes naturelles en 2025, entre 770 millions et 1 milliard d’euros.
Les signes qui doivent alerter
- fissures en escalier ou en biais sur les murs extérieurs, souvent aux angles et autour des ouvertures
- portes et fenêtres qui coincent ou ne ferment plus
- fissures sur les cloisons intérieures et décollement des plinthes
- affaissement d’une terrasse ou d’un dallage, décollement entre la maison et ses annexes
Photographiez les fissures dès leur apparition, en datant les clichés et en plaçant un mètre ou une pièce de monnaie à côté pour donner l’échelle. Ces preuves servent ensuite face à l’assureur.
Comment être indemnisé en 2026 ?
Les dommages dus à la sécheresse sont pris en charge par la garantie catastrophe naturelle de votre assurance habitation, à une condition : votre commune doit être reconnue en état de catastrophe naturelle par un arrêté interministériel publié au Journal officiel, pour la période où les dommages sont apparus.
Les étapes et les délais
| Étape | Délai | Qui |
|---|---|---|
| Signaler les fissures à la mairie pour qu’elle demande la reconnaissance CatNat | Dès l’apparition des dommages | Vous |
| Déclarer le sinistre à l’assureur | 30 jours au plus tard après la publication de l’arrêté (art. L. 125-2 du Code des assurances) | Vous |
| Informer l’assuré et ordonner l’expertise | 1 mois après la déclaration | Assureur |
| Proposer l’indemnisation | 1 mois après le rapport d’expertise définitif | Assureur |
| Verser l’indemnité | 21 jours après votre accord | Assureur |
Envoyez votre déclaration par lettre recommandée avec accusé de réception. Vous pouvez déclarer les fissures avant la publication de l’arrêté, puis compléter la déclaration une fois l’arrêté paru.
Ce qui a changé depuis 2024 et 2025
- Les dommages couverts sont précisés (ordonnance de 2023, décret n° 2024-82 du 5 février 2024) : la garantie couvre les dommages qui affectent la solidité du bâtiment ou empêchent son usage normal, et ceux qui risquent d’évoluer en ce sens. Les annexes séparées (garage, abri, terrasse, piscine, clôture) sont exclues, sauf si elles sont liées aux fondations ou à l’ossature de la maison.
- L’indemnité doit servir aux réparations : elle doit être affectée à la remise en état effective de la maison selon les préconisations de l’expertise, sauf si les travaux coûtent plus que la valeur du bien. Si les travaux ne sont pas engagés dans les 24 mois, l’assureur peut réclamer la restitution de l’acompte versé.
- Les études et la maîtrise d’œuvre sont prises en charge lorsqu’elles sont nécessaires à la remise en état : étude de sol (géotechnique), frais d’architecte et de maîtrise d’œuvre (art. L. 125-4).
- Les expertises sont mieux encadrées depuis le 1er janvier 2025 : indépendance et compétence des experts, délais de remise des rapports, compte rendu de chaque visite communiqué à l’assuré.
La franchise
Une franchise légale, fixée par l’État et identique chez tous les assureurs, reste à votre charge. Pour une habitation, elle est de 1 520 € pour les dommages liés à la sécheresse, contre 380 € pour les autres catastrophes naturelles. Vérifiez le montant appliqué sur la proposition d’indemnisation.
Que faire si l’assureur refuse ou propose trop peu ?
Les refus et les indemnisations sous-évaluées sont fréquents sur les sinistres sécheresse : fissures jugées « esthétiques », cause attribuée à un défaut de construction, travaux chiffrés au minimum sans traiter les fondations. Vous pouvez :
- demander le rapport d’expertise complet et les comptes rendus de visite, que l’assureur doit vous communiquer
- faire intervenir un expert d’assuré, qui défend vos intérêts, conteste les conclusions de l’expert de l’assurance et chiffre les travaux réellement nécessaires (reprise en sous-œuvre, micropieux, injections)
- demander une étude de sol pour établir le lien entre la sécheresse et les dommages
- saisir le médiateur de l’assurance, puis le tribunal si nécessaire
Attention au délai : pour les dommages liés à la sécheresse reconnus en catastrophe naturelle, l’action contre l’assureur se prescrit par cinq ans (Code des assurances, art. L. 114-1), contre deux ans pour les autres sinistres. Si votre commune n’a pas été reconnue, la décision peut être contestée devant le tribunal administratif ; la mairie peut aussi présenter une nouvelle demande.
Omega Expert, cabinet d’experts d’assuré, accompagne les propriétaires de maisons fissurées partout en France. Nous analysons votre dossier, assistons aux expertises et défendons votre indemnisation face à l’assureur. Voir notre page expertise sécheresse et fissures ou appelez le 01 77 36 77 77.
Comment protéger sa maison de la sécheresse ?
- éloigner l’eau des fondations : gouttières raccordées, pentes du terrain vers l’extérieur
- éviter de planter des arbres à moins d’une fois et demie leur hauteur adulte de la maison, ou installer un écran anti-racines
- maintenir une humidité stable autour de la maison, par exemple avec un trottoir étanche périphérique
- surveiller les fissures existantes avec des jauges et noter leur évolution
Si vous êtes propriétaire occupant dans l’un des 11 départements retenus, en zone d’exposition forte et sans fissure importante, une aide de l’État peut financer un diagnostic et des travaux de prévention, sous conditions de ressources.
Questions fréquentes
Ma commune n’est pas reconnue en catastrophe naturelle, suis-je indemnisé ?
Non, pas au titre de la garantie catastrophe naturelle. D’autres recours peuvent exister selon le cas : garantie décennale si la maison a moins de dix ans, assurance dommages-ouvrage, ou recours contre le vendeur pour vice caché.
Combien de temps ai-je pour déclarer ?
30 jours au plus tard après la publication de l’arrêté au Journal officiel. Déclarez dès que possible par lettre recommandée.
L’assureur peut-il refuser des fissures « légères » ?
Depuis 2024, seuls les dommages qui affectent la solidité ou l’usage du bâtiment, ou qui risquent d’évoluer en ce sens, sont couverts. Un expert d’assuré peut démontrer l’évolution des fissures et leur gravité.
Dois-je utiliser l’indemnité pour les travaux ?
Oui. L’indemnité doit financer la remise en état effective de la maison, sauf si les travaux coûtent plus que la valeur du bien.
Sources : Code des assurances (art. L. 125-1 à L. 125-4) ; décret n° 2024-82 du 5 février 2024 ; ministère de la Transition écologique, zonage d’exposition au retrait-gonflement des argiles ; Caisse centrale de réassurance, bilan 2025. Les informations de cet article ne remplacent pas l’analyse de votre contrat.