Pour la première fois, l’État finance des travaux de prévention sur des maisons exposées au retrait-gonflement des argiles avant qu’elles ne soient sinistrées. Un dispositif expérimental, ouvert dans un nombre limité de départements, prend en charge une grande partie d’un diagnostic de vulnérabilité puis de travaux de prévention. Il ne remplace pas l’indemnisation catastrophe naturelle quand la maison est déjà fissurée. Voici à qui il s’adresse, ce qu’il finance et comment il s’articule avec l’assurance. Les montants et le périmètre évoluent : vérifiez-les auprès de France Rénov’ avant toute démarche.
Le principe du dispositif
Le dispositif d’aide à la prévention du retrait-gonflement des argiles (RGA) finance en deux temps :
- Un diagnostic de vulnérabilité de la maison, réalisé par un professionnel qualifié, qui identifie les facteurs de risque (fondations, gestion des eaux, végétation) et préconise des travaux. Il a été financé à hauteur de 90 % dans la limite de 2 000 €.
- Des travaux de prévention préconisés par le diagnostic, financés à hauteur de 80 % dans la limite de 15 000 €, selon les conditions en vigueur lors de l’expérimentation.
L’expérimentation a été ouverte dans onze départements particulièrement exposés. Le déploiement à d’autres territoires et le maintien des montants dépendent des décisions budgétaires : renseignez-vous auprès de votre espace conseil France Rénov’ ou de la direction départementale des territoires.
Les conditions habituelles
- Maison individuelle située dans une commune couverte par le dispositif.
- Exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, vérifiable sur Géorisques.
- Maison non sinistrée, ou sans dommages qui relèvent d’une indemnisation catastrophe naturelle en cours.
- Conditions de ressources du foyer, selon les plafonds fixés.
- Diagnostic et travaux réalisés par des professionnels qualifiés, avant tout commencement des travaux sans accord.
Les travaux de prévention typiques
- Gestion des eaux pluviales : raccordement des descentes, évacuation loin des fondations, suppression des infiltrations au pied des murs.
- Trottoir périphérique étanche pour limiter l’évaporation et les variations d’humidité sous les fondations.
- Gestion de la végétation : abattage ou écran anti-racines pour les arbres trop proches.
- Désolidarisation des extensions ou terrasses qui fragilisent la maison.
- Réparation des fuites de réseaux enterrés.
Ces mesures ne remplacent pas une reprise de fondations pour une maison déjà gravement atteinte, mais elles réduisent fortement le risque de sinistre pour une maison exposée.
Prévention ou indemnisation : comment s’articulent-elles ?
- Maison non fissurée ou faiblement : la prévention est pertinente et peut être financée.
- Maison fissurée après une sécheresse reconnue : c’est la garantie catastrophe naturelle qui doit financer la réparation, avec déclaration dans les 30 jours suivant l’arrêté, franchise de 1 520 € et indemnité affectée aux travaux.
- Maison fissurée sans reconnaissance : vérifiez les recours possibles sur la reconnaissance, la responsabilité d’un tiers, et les aides exceptionnelles éventuellement ouvertes.
Les démarches
- Vérifiez l’exposition de votre maison sur Géorisques.
- Contactez France Rénov’ pour savoir si votre commune est couverte et quelles sont les conditions en vigueur.
- Faites réaliser le diagnostic par un professionnel agréé pour le dispositif.
- Déposez la demande d’aide avant de signer les devis de travaux.
- Réalisez les travaux avec des entreprises assurées et conservez les factures.
Voir ce qui a changé pour la sécheresse depuis 2023, réparer une maison fissurée et si votre commune n’est pas reconnue.
Pourquoi la prévention change l’équation
Une reprise de fondations après sinistre coûte souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros, mobilise l’assurance pendant des mois ou des années, et laisse parfois un risque résiduel. À l’inverse, une bonne gestion des eaux pluviales autour de la maison, un trottoir périphérique et l’éloignement des arbres coûtent quelques milliers d’euros et limitent les variations d’humidité du sol sous les fondations, principale cause des mouvements. Pour une maison exposée mais encore saine, c’est l’investissement le plus rentable. Pour une maison déjà légèrement fissurée, ces mesures ralentissent l’évolution des désordres, en attendant une éventuelle indemnisation. Dans tous les cas, faites dater vos photos et vos relevés de fissures avant les travaux de prévention, pour garder la trace de l’état initial.
Les pièges à éviter
Méfiez-vous des démarcheurs qui proposent un « diagnostic gratuit » suivi d’une injection de résine vendue comme solution miracle. Le diagnostic financé doit être indépendant de l’entreprise qui réalisera les travaux, et les travaux doivent correspondre à ses préconisations. Vérifiez la qualification et l’assurance décennale des entreprises.
Questions fréquentes
Ma maison a déjà des fissures. Puis-je bénéficier de l’aide ?
Le dispositif vise la prévention. Si des fissures relèvent d’un sinistre indemnisable, c’est l’assurance qui doit intervenir. Un diagnostic permet de trancher.
L’aide est-elle cumulable avec MaPrimeRénov’ ?
Les règles de cumul dépendent des dispositifs en vigueur. Posez la question à France Rénov’ : certains travaux ne sont pas éligibles aux deux.
Les travaux de prévention réduisent-ils ma prime d’assurance ?
Pas automatiquement, mais ils réduisent le risque de sinistre et ses conséquences.
Une maison exposée aux argiles ? Appelez Omega Expert au 01 77 36 77 77 : premier avis gratuit, rappel sous une heure.
Mis à jour en novembre 2026.